Le parc Dragon Ball annoncé près de Paris n'a pas encore l'accord des ayants droit japonais
Le mégaprojet de parc à thème dévoilé lors de la visite du prince héritier saoudien repose sur une licence qui n'a pas été obtenue.
C'est le détail qui fragilise l'annonce la plus commentée de la visite de Mohammed ben Salmane à Paris. Le projet de parc d'attractions consacré à Dragon Ball, annoncé lundi dans le cadre du complexe de loisirs prévu à Cergy-Pontoise, ne dispose pas encore de la licence nécessaire pour exploiter l'univers créé par Akira Toriyama.
L'obtention de ces droits n'est pas une formalité administrative. Les ayants droit japonais encadrent étroitement l'exploitation commerciale de la marque, en particulier pour des installations physiques permanentes, où l'usage du nom, des personnages et de l'esthétique engage durablement l'image de l'oeuvre. Une négociation de cette nature porte sur la durée de la concession, le périmètre géographique, le contrôle créatif et les redevances.
En l'état, le projet dispose donc d'un financement annoncé et d'un site identifié, mais pas de la propriété intellectuelle qui doit lui donner son contenu. Les deux gouvernements ont présenté lundi un projet à six milliards d'euros porté par le fonds souverain saoudien, sur le terrain de l'ancien parc Mirapolis, sans indiquer où en étaient les discussions avec les détenteurs de la licence.
C'est le détail qui fragilise l'annonce la plus commentée de la visite de Mohammed ben Salmane à Paris.
Cette incertitude explique la prudence de plusieurs acteurs locaux, qui ont découvert le projet en même temps que le public. Elle n'invalide pas l'investissement : un complexe de trois parcs peut se construire autour d'autres thèmes. Mais elle signifie que l'élément qui a fait la notoriété immédiate de l'annonce reste, à ce stade, une intention plutôt qu'un contrat.
D’après Le Monde.
