La place du français, point de friction ancien entre le Canada et les États-Unis
Après l'échec des négociations commerciales, Ottawa accuse Washington d'avoir cherché à réduire le statut de la langue française.
Le contentieux commercial entre Ottawa et Washington a pris un tour linguistique. En conflit ouvert avec les États-Unis après l'échec des négociations, le gouvernement de Mark Carney a accusé l'administration américaine d'avoir voulu, au cours de ces discussions, détricoter la place du français au Canada.
La presse canadienne rappelle que le sujet n'a rien d'inédit. Le statut du français revient de façon récurrente dans les rapports entre les deux voisins, à travers les exigences d'étiquetage bilingue, les quotas de contenu culturel et les règles applicables aux services et aux médias. Ces dispositifs sont perçus au Canada comme la traduction concrète du bilinguisme officiel, et du côté américain comme des barrières non tarifaires.
Le désaccord illustre une difficulté structurelle des négociations commerciales entre partenaires proches. Lorsque les droits de douane sont déjà bas, la discussion se déplace vers les normes internes, qui touchent alors à des choix de politique intérieure difficilement négociables.
Le contentieux commercial entre Ottawa et Washington a pris un tour linguistique.
Pour Ottawa, la protection linguistique relève d'un principe constitutionnel et identitaire, et non d'un avantage commercial ajustable. C'est ce qui rend ce point particulièrement inflammable et explique qu'il resurgisse à chaque cycle de négociation.
D’après Courrier International.
