Dégradation des sols : l'inaction coûterait près de 1 000 milliards de dollars par an
La vice-secrétaire générale des Nations unies a alerté sur l'écart entre le coût de la restauration et celui de l'immobilisme.
Les États consacrent trop peu de moyens à la restauration des terres dégradées alors que le coût économique de l'inaction approche les 1 000 milliards de dollars par an. C'est l'avertissement lancé par la vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, lors d'une conférence internationale consacrée aux sols organisée en Mongolie.
Le raisonnement repose sur une comparaison. Restaurer un sol dégradé représente une dépense identifiable et immédiate. Ne rien faire produit un coût diffus, réparti entre pertes de rendement agricole, baisse de la rétention d'eau, érosion, recul de la biodiversité et déplacements de population. Le second est plus élevé, mais il n'apparaît dans aucune ligne budgétaire, ce qui explique la sous-dotation chronique du premier.
Le choix du lieu n'est pas anodin. La Mongolie est confrontée à une dégradation avancée de ses steppes, sous l'effet combiné du surpâturage, de la sécheresse et de l'évolution du climat, ce qui en fait un cas d'école pour un phénomène observé sur plusieurs continents.
Les États consacrent trop peu de moyens à la restauration des terres dégradées alors que le coût économique de l'inaction approche les 1 000 milliards de dollars par an.
L'enjeu, pour les organisations internationales, consiste précisément à faire apparaître ce coût caché dans les arbitrages budgétaires nationaux. Tant qu'il reste implicite, la restauration continue d'être traitée comme une dépense facultative plutôt que comme un investissement à rendement différé.
D’après UN News.




