Un moratoire demandé sur le développement des centres de données en Seine-Saint-Denis
Le président du conseil départemental, Stéphane Troussel, plaide pour une régulation accrue et une concertation avec les habitants face à la multiplication non coordonnée de ces infrastructures numériques.

La gestion de l'implantation des centres de données en France traverse une période de turbulences réglementaires. Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a publiquement appelé à l'instauration d'une pause dans le développement de ces infrastructures. Cette prise de position, exprimée dans une tribune publiée par Le Monde Économie, intervient après une décision marquante concernant l'aménagement du territoire francilien : le retrait du permis de construire d'un projet de centre de données initialement prévu au Bourget.
L'élu dénonce une situation qu'il compare à un « Far West » plutôt qu'à un véritable « eldorado numérique ». Selon lui, la multiplication de ces sites s'effectue actuellement de manière anarchique, sans vision d'ensemble ni cadre régulateur suffisant. Cette critique souligne le décalage entre les ambitions de croissance de l'industrie numérique et les réalités de l'aménagement local, où ces installations massives occupent des surfaces importantes.
Un besoin de concertation locale
Au cœur de l'argumentation de Stéphane Troussel se trouve la défense des intérêts des administrés. Le président du département insiste sur la nécessité d'engager un temps de concertation avec les populations locales avant toute nouvelle implantation. Pour le département de la Seine-Saint-Denis, qui accueille déjà une part significative des centres de données français en raison de sa proximité avec Paris et de ses infrastructures réseau, l'enjeu est de transformer une expansion subie en un développement maîtrisé.
La gestion de l'implantation des centres de données en France traverse une période de turbulences réglementaires.
L'appel à ce moratoire vise à permettre aux pouvoirs publics de définir des règles du jeu plus claires. Il s'agit d'évaluer l'utilité réelle de ces projets pour le territoire et ses habitants, tout en s'assurant que leur présence ne se fasse pas au détriment de la qualité de vie ou d'autres projets d'urbanisme. Le retrait du permis de construire au Bourget sert ici de catalyseur à un débat plus vaste sur la souveraineté numérique et son ancrage physique dans les communes urbaines.
D’après Le Monde Économie.
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