La Suisse renforce sa réglementation bancaire après la chute de Credit Suisse
Le gouvernement helvétique a annoncé un durcissement du cadre législatif visant à accroître les pouvoirs de supervision du gendarme financier pour prévenir de futures crises systémiques.

Trois ans après la défaillance de Credit Suisse, les autorités suisses engagent une réforme structurelle de la surveillance de leur secteur bancaire. Selon les informations rapportées par Le Monde Économie, Berne souhaite doter le régulateur financier d'outils plus contraignants afin de sécuriser la place financière helvétique. Cette initiative marque une volonté de tirer les enseignements de la débâcle de 2023, qui avait nécessité une intervention d'urgence de l'État et de la Banque nationale suisse pour éviter une contagion mondiale.
Le projet de réforme prévoit d'octroyer au « gendarme » financier des prérogatives élargies, dont il ne disposait pas jusqu'à présent. Le gouvernement entend notamment introduire un système de sanctions financières directes. Désormais, l'organisme de régulation pourrait infliger des amendes aux établissements qui ne respectent pas les normes en vigueur, une mesure qui vise à renforcer le caractère dissuasif de la surveillance nationale.
Un contrôle accru sur les rémunérations
Outre les sanctions pécuniaires, le nouveau cadre réglementaire cible directement la gestion interne des banques. Le texte prévoit la possibilité de geler les bonus des dirigeants en cas de manquements graves ou de risques excessifs. Cette mesure répond aux critiques formulées lors de la chute de Credit Suisse concernant les politiques de rémunération déconnectées de la santé réelle des institutions financières. Le gouvernement espère ainsi aligner les intérêts des cadres dirigeants sur la stabilité à long terme de leurs banques.
Trois ans après la défaillance de Credit Suisse, les autorités suisses engagent une réforme structurelle de la surveillance de leur secteur bancaire.
Enfin, la réforme met l'accent sur la prévention en autorisant une intervention précoce des autorités. Le régulateur pourra agir dès l'apparition de soupçons de fragilité, sans attendre qu'une crise ne devienne irréversible. Ce renforcement de la vigilance doit permettre de détecter les défaillances potentielles plus en amont. Cette transition vers une supervision plus proactive illustre le changement de doctrine de la Confédération, qui privilégie désormais la contrainte réglementaire à l'autorégulation du secteur privé.
D’après Le Monde Économie.
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