La police espagnole démantèle un réseau de recrutement de jeunes migrantes
Une organisation criminelle recrutait des mineures non accompagnées dans des centres d'accueil des Canaries avant de les exploiter en Espagne continentale et sur le territoire français.

L'intervention de la police espagnole ce mardi 11 août marque le démantèlement d'une structure criminelle spécialisée dans l'exploitation de jeunes migrantes vulnérables. Selon les informations communiquées par la Guardia Civil, ce réseau ciblait spécifiquement des mineures non accompagnées résidant dans des centres d'accueil aux îles Canaries. Une fois recrutées, ces jeunes filles étaient acheminées vers l'Espagne continentale ainsi qu'en France.
L'enquête a été déclenchée à la suite du témoignage d'une jeune migrante initialement prise en charge à Gran Canaria. Après un passage en France, cette dernière est retournée en Espagne où elle a révélé aux autorités les méthodes du groupe. Selon son récit, les trafiquants utilisaient des promesses d'emploi fictives pour attirer des victimes en situation de grande précarité.
Un contexte migratoire tendu
Ce coup de filet intervient dans un climat marqué par une pression migratoire exceptionnelle sur les frontières espagnoles. Le mois dernier, le territoire de Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, a fait face à une entrée massive et illégale. Le gouvernement espagnol estime que 72 000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc lors d'un mouvement d'une ampleur inédite.
Une fois recrutées, ces jeunes filles étaient acheminées vers l'Espagne continentale ainsi qu'en France.
Si environ 70 000 de ces migrants sont depuis repartis au Maroc, la situation des mineurs reste préoccupante. Au vendredi 7 août, les autorités recensaient encore 1 342 mineurs non accompagnés à Ceuta. Beaucoup d'entre eux se retrouvent sans solution d'hébergement et dorment dans la rue, ce qui accroît les risques de recrutement par des réseaux criminels.
L'affaire mise au jour aux Canaries souligne la vulnérabilité de ces jeunes isolés face à des organisations organisant leur exploitation sexuelle par-delà les frontières nationales. Les autorités poursuivent leurs investigations pour identifier l'ensemble des membres et des victimes de cette filière opérant entre l'Espagne et la France.
D’après TV5Monde Info.

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