Trump veut mettre la main sur vos données biométries, et l’Europe tarde a réagir
Depuis plusieurs années, les États-Unis sollicitent l'Union européenne pour établir un partage renforcé de données biométriques. Ce projet, nommé Enhanced Border Security Partnerships (EBSP), s'inscrit dans le cadre du programme Visa Waiver Program…
Depuis plusieurs années, les États-Unis sollicitent l'Union européenne pour établir un partage renforcé de données biométriques. Ce projet, nommé Enhanced Border Security Partnerships (EBSP), s'inscrit dans le cadre du programme Visa Waiver Program (VWP), qui permet à 42 pays, dont la France, de voyager aux États-Unis sans visa pour un séjour de 90 jours. L'objectif est de permettre aux agences frontalières américaines un accès direct et automatisé aux données biométriques européennes.
En l'absence d'accord rapide entre l'Europe et les États-Unis, ce dernier envisage de révoquer l'exemption de visa pour les pays qui ne coopèrent pas, obligeant ainsi les voyageurs à passer par un ESTA renforcé ou à obtenir un visa classique. La Commission européenne, consciente de l'urgence, travaille à une finalisation de cet accord d'ici 2026.
L'EBSP propose un cadre global permettant au Département de la Sécurité intérieure des États-Unis d'interroger en temps réel les bases de données nationales des États membres, telles que le système VIS (Visa Information System) ou le système Entry/Exit (EES). En échange, l'UE obtiendrait un accès réciproque aux données américaines.
Depuis plusieurs années, les États-Unis sollicitent l'Union européenne pour établir un partage renforcé de données biométriques.
Si cet accord voit le jour, les 25 millions d'Européens voyageant annuellement aux États-Unis pourraient voir leurs données biométriques analysées automatiquement avant leur embarquement. Ce dispositif soulève des préoccupations en matière de protection de la vie privée. La Commission européenne insiste sur le respect du RGPD et de la Charte des droits fondamentaux pour encadrer ces transferts de données, imposant des limites sur la durée de rétention et l'utilisation des informations. Néanmoins, le Contrôleur européen de la protection des données met en garde contre les risques potentiels, tels que le profilage massif et le manque de recours effectif pour les citoyens, ce qui pourrait constituer un précédent dangereux pour la souveraineté numérique européenne.
En décembre 2025, les ministres européens ont approuvé le mandat de négociation, témoignant d'un consensus malgré certaines divergences nationales. Des pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Croatie, déjà engagés dans des programmes similaires, soutiennent cette initiative. La France, plus réservée, exprime des inquiétudes quant à l'extraterritorialité des données. Des voix critiques, comme le Rassemblement National, dénoncent une "cession de souveraineté", tandis que des ONG soulignent les lacunes en matière de protection des données ethniques ou génétiques.
Face à un durcissement des politiques migratoires aux États-Unis, l'Union européenne pourrait être amenée à faire des concessions pour préserver des privilèges de voyage jugés acquis. À terme, l'EBSP pourrait favoriser des échanges similaires avec d'autres puissances, soulevant des questions sur la centralisation mondiale des bases de données biométriques.
D’après Journal du Geek.
