Thon en boîte : voici comment détecter les variétés les plus contaminées au mercure
Le thon est l'un des poissons les plus consommés en Europe. Bien qu'il présente un bon ratio prix/protéines, un conditionnement pratique et un profil nutritionnel complet, il est connu depuis les années 1970 pour sa contamination par le mercure (Hg), un…
Le thon est l'un des poissons les plus consommés en Europe. Bien qu'il présente un bon ratio prix/protéines, un conditionnement pratique et un profil nutritionnel complet, il est connu depuis les années 1970 pour sa contamination par le mercure (Hg), un métal neurotoxique. En tant que prédateur marin, il accumule dans ses tissus les substances présentes dans ses proies, y compris les métaux lourds des océans.
Des efforts ont été faits pour réduire cette contamination depuis l'instauration de normes sanitaires mondiales dans les années 2000, mais le problème persiste. Une étude de l'ONG BLOOM, présentée dans un rapport intitulé Du poison dans le poisson , a analysé 148 boîtes de thon dans cinq pays européens (France, Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni), révélant que toutes contenaient du mercure. La concentration varie cependant selon les espèces.
Thon en boîte : Concentration de Mercure par Espèce
Le phénomène de bioaccumulation explique comment le mercure, issu principalement de l'industrie, se retrouve dans les aliments. À chaque niveau trophique, la concentration de mercure augmente. Le thon, en tant que grand prédateur, accumule ainsi une charge toxique importante. D'autres poissons carnivores contiennent également du mercure, mais le thon est l'un des plus consommés.
Dans l'étude menée par BLOOM, les boîtes de thon listao ( Katsuwonus pelamis ), espèce de plus petite taille, ont montré des concentrations de mercure généralement plus faibles, souvent sous 0,3 mg/kg. En revanche, les thons plus grands, comme l’albacore ( Thunnus albacares ) et le thon obèse ( Thunnus obesus ), présentaient des concentrations comprises entre 0,3 et 1 mg/kg, certaines dépassant même le seuil réglementaire européen de 1 mg/kg.
Bien qu'il présente un bon ratio prix/protéines, un conditionnement pratique et un profil nutritionnel complet, il est connu depuis les années 1970 pour sa contamination par le mercure (Hg), un métal neurotoxique.
Le méthylmercure (CH₃Hg⁺), forme organométallique du mercure, est un agent neurotoxique et reprotoxique absorbé par le système digestif humain à plus de 95%. Une exposition chronique peut entraîner des dommages neuronaux et des retards de développement du système nerveux central de l'embryon.
L'étiquetage des boîtes de thon peut être trompeur. Certaines boîtes ne précisent pas l'espèce de thon utilisée. Les termes commerciaux comme "thon clair" désignent souvent des espèces plus grandes, potentiellement plus contaminées. En revanche, les boîtes simplement étiquetées "thon" contiennent généralement du thon listao, moins contaminé.
L'âge du poisson et la zone de pêche influencent également la présence de mercure, mais ces informations ne sont pas toujours disponibles. Les conserves peuvent mélanger plusieurs espèces de thon, rendant la traçabilité difficile.
Pour minimiser l'exposition au mercure, il est conseillé de varier ses sources de protéines et de modérer sa consommation de thon. La législation actuelle ne garantit pas une protection suffisante, et les consommateurs doivent rester vigilants quant aux informations fournies par les fabricants.
D’après Presse-citron.
