Les voitures radar roulent-elles volontairement lentement pour provoquer des excès de vitesse ?
Cette accusation, largement relayée sur les réseaux sociaux et par certaines associations de défense des conducteurs, interroge sur le fonctionnement du dispositif.
Cette accusation, largement relayée sur les réseaux sociaux et par certaines associations de défense des conducteurs, interroge sur le fonctionnement du dispositif.
Historique des voitures radar banalisées
Les voitures radar banalisées en France, également appelées radars mobiles de nouvelle génération (RMNG), ont été mises en service en 2013. Elles sont conçues pour contrôler les vitesses en mouvement ou à l'arrêt dans les deux sens de circulation. Elles sont installées à bord de véhicules discrets équipés de flashs infrarouges.
Le premier déploiement comprenait environ vingt unités, partagées entre policiers et gendarmes. Ces voitures avaient une précision de 10 % (avec une marge d'erreur de 10 km/h en dessous de 100 km/h). En 2023, près de 500 véhicules étaient en circulation.
Initialement gérées par les forces de l'ordre, ces voitures ont commencé à sanctionner les excès de vitesse dès septembre 2013. À partir de 2018, leur conduite a été partiellement confiée à des sociétés privées, en commençant par la Normandie et s'étendant à d'autres régions en 2021. Fin 2021, 223 voitures étaient déjà gérées par des entreprises privées, et en décembre 2024, un contrat de 34 millions d'euros avec OTC a permis d'ajouter 126 unités supplémentaires dans le sud de la France. En 2025, environ 300 voitures étaient en service, avec une proportion croissante gérée par le secteur privé.
Cette accusation, largement relayée sur les réseaux sociaux et par certaines associations de défense des conducteurs, interroge sur le fonctionnement du dispositif.
Les témoignages d'automobilistes sur des flashs abusifs sont fréquents, décrivant souvent des véhicules banalisés circulant légèrement en dessous de la vitesse maximale autorisée. Cela oblige les conducteurs à choisir entre attendre ou dépasser, risquant ainsi une infraction pour excès de vitesse. Cependant, ces récits restent basés sur des expériences personnelles, insuffisantes pour prouver des contrôles abusifs. Aucune étude indépendante n'a confirmé une pratique systématique de tentative de piégeage.
Les voitures radar privées opèrent sous des contrats publics stricts entre l'État et les opérateurs, limitant leur rôle à la conduite des véhicules. Les opérateurs sont payés au kilomètre parcouru, sans lien avec le nombre de flashs. Les itinéraires et horaires sont fixés par les préfectures ou les forces de l'ordre, avec une limite de huit heures par jour, y compris week-ends et jours fériés. Les conducteurs, salariés des opérateurs privés, doivent avoir un permis depuis au moins trois ans et un casier judiciaire vierge. Ils ne doivent pas avoir accès aux données d'infractions, qui sont cryptées et transmises directement au Centre national de traitement des infractions.
En cas de manquement aux obligations contractuelles, comme le dépassement des heures journalières ou des écarts de parcours, des pénalités peuvent être appliquées aux opérateurs.
Possibilité de comportements individuels déviants
Malgré des règles strictes, il est possible que certains comportements isolés se produisent. Des conducteurs humains peuvent faire preuve de prudence excessive ou de manque d'attention. Ces comportements ne sont généralement pas organisés mais restent humains.
La perception d'être surveillé ou piégé peut être accentuée par les limitations de vitesse à 80 km/h sur les routes départementales, la multiplication des radars automatiques, et une tolérance réduite pour les excès de vitesse. Dans ce contexte, toute situation ambiguë peut être interprétée comme une provocation délibérée.
D’après Journal du Geek.
