Les conséquences durables de la sécheresse et de la canicule sur les forêts françaises
Nathalie Bréda, chercheuse à l'Inrae, souligne que les conditions climatiques extrêmes actuelles entraînent un bouleversement profond et persistant du métabolisme des arbres sur l'ensemble du territoire national.

La forêt française fait face à un défi physiologique majeur sous l'effet conjugué des fortes chaleurs et du manque d'eau. Selon Nathalie Bréda, spécialiste de la réponse des arbres aux aléas climatiques à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), la situation actuelle dépasse le stade de la crise saisonnière pour impacter durablement la santé des écosystèmes forestiers.
Dans un entretien accordé au journal Le Monde, l'experte détaille comment les arbres subissent une modification profonde de leur fonctionnement interne. Face à des températures extrêmes et une absence prolongée de précipitations, le métabolisme sylvestre est contraint de s'adapter, souvent au détriment de sa croissance ou de ses réserves énergétiques. Ce phénomène ne se limite pas à une réaction immédiate de flétrissement, mais engage des mécanismes biologiques complexes.
Un métabolisme mis à rude épreuve
Le bouleversement observé concerne la gestion interne de l'eau et du carbone par les végétaux. En période de canicule, les arbres ferment leurs stomates pour limiter la perte d'eau par évapotranspiration, ce qui bloque également l'absorption du CO2 nécessaire à la photosynthèse. Cette stratégie de survie, si elle se prolonge, épuise les réserves accumulées et fragilise la structure même de l'arbre. Nathalie Bréda indique que ces épisodes laissent des traces qui ne s'effacent pas avec le retour de la pluie.
La forêt française fait face à un défi physiologique majeur sous l'effet conjugué des fortes chaleurs et du manque d'eau.
L'impact à long terme constitue l'inquiétude principale des chercheurs de l'Inrae. La répétition de ces épisodes climatiques extrêmes réduit la capacité de récupération des forêts. Un arbre affaibli par une sécheresse intense devient plus vulnérable aux agressions extérieures, telles que les maladies ou les attaques de parasites, durant les années qui suivent l'événement climatique initial.
Cette analyse scientifique met en lumière la vulnérabilité croissante du patrimoine forestier français. Alors que les conditions extrêmes tendent à devenir plus fréquentes, la compréhension de ces réponses métaboliques est essentielle pour anticiper l'évolution des paysages et de la biodiversité en France.
D’après Le Monde Planète.
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