Le vrai défi de la cybersécurité française : l’absence de fonds growth nationaux
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Paul François Fournier, Head of Bpifrance Innovation Photo: FRENCHWEB.FR Accueil///Le vrai défi de la cybersécurité française : l’absence de fonds growth nationaux Le vrai défi de la cybersécurité française : l’absence de fonds growth nationaux 📩 Pour nous contacter: 16/06/2025 Le dernier Si le capital est disponible, il se concentre sur quelques structures jugées matures. Ce qui manque, c’est la capacité à financer massivement le passage à l’échelle . Le segment des 30 à 70 millions d’euros reste sous-développé en France, alors qu’il est précisément celui qui permettrait à des startups prometteuses de devenir des leaders sectoriels européens.
Une asymétrie structurelle avec l’écosystème nord-américain
Le contraste avec les États-Unis est frappant, avec des tours de growth equity portés par une trentaine d’acteurs spécialisés, souvent indépendants, parfois adossés à des banques ou à des corporate ventures stratégiques. En France, les fonds spécialisés cybersécurité capables d’intervenir entre 30 et 100 millions d’euros se comptent sur les doigts d’une main . La plupart des levées importantes impliquent des investisseurs étrangers, notamment américains, qui viennent capter la valeur créée localement.
, directeur exécutif en charge de l’Innovation chez Bpifrance, observe pourtant une dynamique structurante en cours et évoque une montée en puissance des investisseurs spécialisés. Il souligne que la consolidation devient une alternative crédible. « Cette évolution va se poursuivre et imposera de rester à l’état de l’art international, d’anticiper les ruptures technologiques et de sécuriser les usages dès leur conception. »
Mais en l’absence de capital patient national capable d’accompagner ces trajectoires, les startups françaises risquent de se faire racheter avant d’avoir pu atteindre leur seuil d’indépendance stratégique . Cette tendance s’observe déjà avec les huit rachats de startups recensés cette année, dont cinq effectués par des groupes français.
L’enjeu du capital domestique, au-delà du volume
Ce manque de fonds de croissance ne tient pas uniquement à la taille des enveloppes mais traduit aussi une défaillance d’alignement stratégique entre les financeurs et les trajectoires spécifiques des entreprises cyber . , partner chez Wavestone, souligne que les structures innovantes couvrent de nouveaux usages, de la sécurité de l’intelligence artificielle à la résilience numérique des organisations. Pourtant, ces cas d’usage complexes nécessitent une lecture fine de la maturité technologique, de la conformité réglementaire et du potentiel d’internationalisation.
Ce qui manque, c’est la capacité à financer massivement le passage à l’échelle .
Or, les investisseurs français sont souvent généralistes , ou contraints par des mandats prudents qui les éloignent des segments deeptech et ce manque d’expertise sectorielle freine l’amorçage de stratégies long terme. Résultat, les startups les plus avancées cherchent leur financement ailleurs, parfois au prix de concessions sur leur gouvernance ou leur souveraineté.
Un moment charnière pour le financement stratégique européen
Les directives européennes comme NIS2, DORA ou CRA imposent aux entreprises une montée en gamme technologique rapide. Cela crée une demande structurée pour des solutions de cybersécurité innovantes, dans les secteurs critiques comme l’énergie, les télécoms, la santé ou la finance. Pour y répondre, l’écosystème français dispose d’un vivier de talents et d’initiatives mais ce qui lui manque, c’est la capacité à faire croître rapidement les champions identifiés.
Plusieurs pistes existent et Bpifrance continue d’élargir son intervention à travers des mécanismes comme le Plan Deeptech. La création de véhicules de co-investissement européens ou souverains spécialisés dans la cybersécurité est également en discussion à Bruxelles. Mais le temps presse, dans ce domaine comme dans d’autres, la fenêtre de consolidation européenne pourrait se refermer rapidement , au profit d’acquéreurs américains ou asiatiques.
Le radar 2025 confirme une réalité paradoxale
La cybersécurité française innove, recrute, s’internationalise , mais elle manque des moyens pour durer . Faute d’un capital croissance structuré, elle s’expose à une industrialisation sous drapeau étranger. La solution ne passe pas seulement par plus d’argent mais elle suppose des investisseurs spécialisés, des fonds plus profonds et un alignement stratégique sur les priorités de souveraineté numérique . Alors que les besoins en matière de cybersécurité augmentent significativement, le moment est venu d’enclencher une vraie politique industrielle du financement du secteur cyber.
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D’après FrenchWeb.
