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Le gouvernement américain débloque 80 milliards de dollars pour de nouveaux réacteurs nucléaires

La centrale nucléaire désaffectée de Three Mile Island au milieu de la rivière Susquehanna, le 10 octobre 2024, près de Middletown, en Pennsylvanie. Le propriétaire de la centrale, Constellation Energy, prévoit d’investir 1,6 milliard de dollars pour…

La centrale nucléaire désaffectée de Three Mile Island au milieu de la rivière Susquehanna, le 10 octobre 2024, près de Middletown, en Pennsylvanie. Le propriétaire de la centrale, Constellation Energy, prévoit d’investir 1,6 milliard de dollars pour rénover le réacteur qu’il a fermé il y a cinq ans et le redémarrer d’ici à 2028, après que Microsoft ait récemment accepté d’acheter toute l’électricité que la centrale pourra produire pendant les 20 prochaines années pour alimenter son parc croissant de centres de données. La centrale fermée est le site du pire accident nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, lorsque l’un des deux réacteurs de la centrale a fondu en 1979. CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES VIA AFP C’est une nouvelle étape majeure du rebond du nucléaire aux Etats-Unis. Le gouvernement américain va investir au moins 80 milliards de dollars (un peu plus de 68 milliards d’euros) dans la construction de nouveaux réacteurs nucléaires conventionnels en vertu d’un partenariat annoncé, mardi 28 octobre, avec le groupe américain Westinghouse Electric Company.

L’accord constitue le prolongement d’un décret pris à la fin de mai par Donald Trump et intitulé « redynamiser le parc nucléaire industriel » , dans lequel le président américain fixait l’objectif de dix réacteurs conventionnels en chantier d’ici à 2030. Cet essor est, en partie, porté par les géants du secteur technologique aux besoins croissants en électricité pour alimenter leurs centres de données (data centers), notamment pour l’intelligence artificielle (IA).

« Ce partenariat incarne la vision du président Trump, à savoir retrouver notre souveraineté énergétique, créer des emplois bien rémunérés et placer les Etats-Unis aux avant-postes de la renaissance du nucléaire » , a déclaré le ministre du commerce, Howard Lutnick, cité dans le communiqué.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Aux Etats-Unis, la course effrénée au nucléaire civil Lire plus tard Les Etats-Unis n’ont plus mis en chantier de nouvelle centrale nucléaire depuis 2009 et avaient, durant plus d’une décennie, délaissé cette source d’énergie, du fait notamment de son image dégradée auprès du grand public. Cette impopularité était notamment due à une série d’accidents, à Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011). Le nucléaire avait aussi la réputation d’être propice aux dérapages sur le plan financier et du calendrier de réalisation. Les deux derniers réacteurs mis en service aux Etats-Unis ont ainsi coûté plus de 30 milliards de dollars, soit plus du double des 14 milliards projetés au départ.

La centrale nucléaire désaffectée de Three Mile Island au milieu de la rivière Susquehanna, le 10 octobre 2024, près de Middletown, en Pennsylvanie.
Nadia Belkacem · Presse Unie

Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné un bouleversement des équilibres du marché de l’énergie, qui a incité les Etats à diversifier leurs approvisionnements. A cela s’est ajoutée l’accélération de la consommation d’électricité aux Etats-Unis sous l’effet de la montée en puissance des centres de données avec la révolution de l’informatique à distance (cloud) et de l’IA.

Lire aussi | Un lieu dans l’actu : Three Mile Island Lire plus tard

, quatre ans seulement après la fermeture du site d’Indian Point, jugée trop proche de New York.

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Depuis le grave incident du site de Three Mile Island (Pennsylvanie), qui a failli provoquer, en mars 1979, la rupture de la cuve d’un réacteur et la contamination radioactive de toute une région, un seul permis a été délivré aux Etats-Unis. Il concernait les unités 3 et 4 du site Vogtle, situé près de Waynesboro (Géorgie). L’unité 3 a été mise en service en juillet 2023 et l’unité 4 en avril 2024.

L’accord passé entre le gouvernement américain et Westinghouse inclut un mécanisme de partage des bénéfices entre les partenaires privés et l’Etat. Selon un porte-parole de Brookfield, une fois construites, les centrales ne devraient pas être propriété de l’Etat mais de promoteurs ou de compagnies d’électricité. « Il n’y a pas encore d’information sur les sites potentiels [d’installation des réacteurs] à ce stade », a-t-il également fait savoir. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les géants du numérique se convertissent au nucléaire pour étancher les besoins énergétiques toujours plus importants de l’IA Lire plus tard Westinghouse propose deux modèles, les AP1000 et AP300, des réacteurs à eau pressurisée de puissances respectives d’un peu plus d’un gigawatt (GW) et de 300 mégawatts (MW). L’AP300 est un petit réacteur de nouvelle génération, dit SMR (small modular reactor). Si l’AP1000 a déjà été validé par le régulateur américain, la NRC, et plusieurs de ses exemplaires mis en service, notamment les deux unités de Vogtle, ce n’est pas le cas de l’AP300, encore en cours d’homologation. Outre les nouveaux réacteurs, les nouveaux besoins en électricité ont incité opérateurs et groupes technologiques à relancer des centrales existantes. Google a dévoilé lundi un accord avec l’énergéticien américain NextEra Energy qui débouchera sur la remise en service, début 2029, de la centrale nucléaire Duane Arnold, dans l’Iowa. C’est le troisième projet de réouverture de centrale dévoilé récemment, après ceux concernant les sites de Palisades (Michigan) en 2023 et Three Mile Island (Pennsylvanie) en 2024. Lire aussi la chronique | Article réservé à nos abonnés IA : « D’ici à 2030, la consommation d’électricité des data centers sera équivalente à celle du Japon » Lire plus tard Le Monde avec AFP L’espace des contributions est réservé aux abonnés. Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion. S’abonner Réutiliser ce contenu

D’après Le Monde.

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