Le gouvernement allemand dénonce l'idéalisation de l'ex-RDA avant des élections régionales
À l'occasion du 65e anniversaire de la construction du Mur de Berlin, les autorités mettent en garde contre une relecture politique du passé communiste de l'Allemagne de l'Est.

À l'approche de scrutins régionaux majeurs dans l'est de l'Allemagne, le gouvernement fédéral exprime son inquiétude face à une montée de la nostalgie pour l'ancienne République démocratique allemande (RDA). Lors d'une cérémonie commémorant le 65e anniversaire de l'édification du Mur de Berlin ce jeudi, les responsables politiques ont dénoncé les tentatives de minimisation de la nature dictatoriale du régime communiste.
Le ministre de la Culture, Wolfram Weimer, a fermement critiqué l'exploitation de ce sentiment par les extrémistes de gauche comme de droite. Selon lui, ces mouvements tentent délibérément d'occulter les méfaits de l'ancien système pour servir des intérêts électoraux actuels. Il a rappelé que le régime dirigé par le Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED) était une dictature dépourvue de libertés fondamentales, s'appuyant sur la police secrète de la Stasi et des structures de répression brutales.
Une mémoire sélective dénoncée
Ce constat est partagé par Evelyn Zupke, responsable au Bundestag pour les victimes du SED. Dans un entretien accordé au journal Rheinische Post, elle souligne qu'une partie de la population tend à embellir la vie sous l'ancienne RDA avec le passage du temps. Cette vision occulterait la réalité quotidienne des citoyens avant la chute du Mur en novembre 1989, notamment l'absence de liberté de la presse et de circulation.
Le ministre de la Culture, Wolfram Weimer, a fermement critiqué l'exploitation de ce sentiment par les extrémistes de gauche comme de droite.
Le coût humain de cette période reste un point central des commémorations. À Berlin seulement, plus de 100 personnes ont perdu la vie en tentant de franchir le Mur pour rejoindre l'Ouest. Wolfram Weimer a insisté sur l'existence de « bandes de la mort » le long de cette frontière fortifiée, symbole de la division européenne jusqu'à la réunification du 3 octobre 1990.
Le chancelier Friedrich Merz a également réagi en affirmant que la démocratie et la liberté ne devaient jamais être considérées comme acquises. Bien que plus de 35 ans se soient écoulés depuis la réunification, les autorités constatent que les clivages persistent entre les anciens territoires de l'Est et de l'Ouest, alimentant un débat mémoriel complexe au cœur de la campagne électorale.
D’après TV5Monde Info.


