Le détroit d’Ormuz est fermé : par où passeront les matières premières ?
Au sud de l’Iran et au nord de la péninsule d’Oman se situe le détroit d’Ormuz, un couloir maritime essentiel reliant le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan Indien. Ce passage est crucial pour le transport énergétique mondial, avec environ 20 %…
Au sud de l’Iran et au nord de la péninsule d’Oman se situe le détroit d’Ormuz, un couloir maritime essentiel reliant le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan Indien. Ce passage est crucial pour le transport énergétique mondial, avec environ 20 % du pétrole maritime mondial, soit entre 20 et 21 millions de barils, et d'importants volumes de gaz naturel transitant quotidiennement.
Ormuz représente un point de passage vital pour l’économie mondiale, car aucune infrastructure alternative ne peut absorber les volumes qui y transitent. Des tensions récentes ont cependant affecté cette zone stratégique, entraînant une baisse significative du trafic maritime. Cela a eu pour conséquence une hausse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe, avec une augmentation de 20 % à l’ouverture des marchés, suivie d'une montée de plus de 50 % au cours de la journée.
Alternatives aux pipelines : solutions viables ?
Face à la menace d'une fermeture prolongée du détroit, les pays exportateurs régionaux envisagent d'utiliser leurs infrastructures terrestres. L'Arabie saoudite compte sur son pipeline Est-Ouest, achemine le pétrole depuis ses gisements jusqu'au port de Yanbu sur la mer Rouge. De même, les Émirats arabes unis prévoient d'exploiter leur oléoduc d'Abu Dhabi vers le terminal de Fujaïrah. Ces solutions pourraient rediriger environ 2,6 millions de barils par jour, un chiffre cependant faible comparé aux 5,5 millions de barils exportés via Ormuz en 2024.
Au sud de l’Iran et au nord de la péninsule d’Oman se situe le détroit d’Ormuz, un couloir maritime essentiel reliant le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan Indien.
Pour le GNL qatari, un cinquième du commerce mondial dépend d'Ormuz, sans alternative terrestre à court terme. L'Iran a inauguré le pipeline Goreh-Jask pour transporter le brut vers un terminal au-delà du détroit, mais sa capacité est limitée à 300 000 barils par jour. Les exportations à Jask ont été faibles, avec moins de 70 000 barils par jour l'été dernier avant un arrêt total en septembre 2024.
Bloquer le détroit pourrait isoler l'Iran, risquant de perdre le soutien de la Chine, son principal client régional. Si le trafic ne reprend pas normalement, l'Iran pourrait être perçu différemment sur la scène internationale. Le pétrole pourrait être transporté par pipeline, mais le GNL qatari resterait captif du Golfe, sans méga-gazoduc pour remplacer les méthaniers. L'Europe et l'Asie devraient alors se tourner vers les exportations américaines et norvégiennes, provoquant une hausse des prix de l'électricité et du chauffage à l'échelle mondiale.
Le détroit d'Ormuz est crucial pour le transport maritime de pétrole et de gaz, menacé de fermeture prolongée. Les infrastructures alternatives comme les pipelines d'Arabie Saoudite et des Émirats offrent une solution partielle, mais insuffisante. Une fermeture prolongée pourrait entraîner une hausse mondiale des prix de l'énergie et affecter les économies occidentales.
D’après Presse-citron.
