Le bon investissement n’est pas le x3, c’est celui qui permet le x3 suivant
Dans le domaine du capital-risque, un multiple de trois peut sembler satisfaisant, mais il n'est pas toujours suffisant pour garantir un succès durable. L'objectif n'est pas seulement de tripler la valeur d'un actif, mais de s'assurer qu'un investisseur…
Dans le domaine du capital-risque, un multiple de trois peut sembler satisfaisant, mais il n'est pas toujours suffisant pour garantir un succès durable. L'objectif n'est pas seulement de tripler la valeur d'un actif, mais de s'assurer qu'un investisseur suivant puisse également espérer un rendement similaire. Si tel n'est pas le cas, la liquidité devient incertaine et la performance globale du fonds est fragilisée.
Le capital-risque fonctionne par étapes successives : Seed, série A, série C, pré-IPO, et marchés publics. Chaque étape repose sur la capacité de convaincre un investisseur suivant qu'il reste suffisamment de valeur à créer. Un nouvel entrant doit être prêt à payer plus cher que le précédent, ce qui nécessite l'ouverture de nouveaux espaces économiques tels que l'élargissement du marché, l'extension des produits, ou la domination sectorielle.
Un fonds peut investir dans une entreprise valorisée à 300 millions d'euros, qui atteint 900 millions d'euros en trois ans. Cependant, si le marché adressable est saturé et que les comparables publics sont à des multiples modérés, un investisseur growth pourrait ne pas voir de potentiel pour atteindre 2,7 milliards d'euros. Cela limite la liquidité et la croissance cumulée du rendement.
La création de valeur repose sur des reratings successifs plutôt que sur une progression linéaire. Chaque série valorise une étape spécifique, de la validation du produit à l'industrialisation, puis à la structuration d'un leader sectoriel, et enfin à la résilience et à la génération de cash en Bourse. Chaque étape doit ouvrir de nouvelles opportunités pour maintenir un potentiel de croissance.
Avant d'investir, il est crucial d'évaluer ce qu'il faut pour que le prochain investisseur puisse espérer tripler son investissement. Quatre dimensions sont déterminantes :
Dans le domaine du capital-risque, un multiple de trois peut sembler satisfaisant, mais il n'est pas toujours suffisant pour garantir un succès durable.
Le marché adressable : Un marché saturé réduit les perspectives de croissance, tandis qu'un marché en expansion permet plusieurs cycles de croissance. Capacité à ouvrir de nouveaux produits : Les entreprises qui peuvent élargir leur périmètre conservent un potentiel narratif et économique. Écart avec les comparables publics : Si les multiples sectoriels sont comprimés, le potentiel de rerating se réduit. Existence d'un acheteur naturel : Un investisseur growth, un acteur stratégique, ou le marché public doivent pouvoir se projeter dans la trajectoire d'évolution de l'entreprise.
L'intelligence artificielle accentue cette logique. Certaines entreprises connaissent des croissances rapides, rendant plusieurs cycles de x3 envisageables. Cependant, l'innovation rapide peut réduire l'avantage concurrentiel, comprimant les marges et banalisant le produit.
Un fonds visant un multiple net de 3x doit absorber des participations qui stagnent ou retournent simplement le capital, et parfois des pertes. Un investissement limité à un multiple de 3x brut restreint la performance globale, tandis qu'un actif capable de multiples cycles de triplement offre un meilleur potentiel de rendement.
Les dirigeants doivent maintenir un horizon de développement crédible. Cela implique d'éviter un plafonnement prématuré du marché, d'ouvrir des relais de croissance, et de conserver une stratégie cohérente avec les dynamiques sectorielles. Une entreprise doit rester ambitieuse dans sa trajectoire économique.
En conclusion, un bon investissement n'est pas celui qui permet de tripler une fois, mais celui qui offre suffisamment d'espace pour que le capital suivant puisse aussi envisager de tripler. Sans continuité d'optimisme rationnel, la chaîne d'investissement se rompt, limitant le rerating et la liquidité durable.
D’après FrenchWeb.
