L'ONU demande aux autorités afghanes plus de transparence sur les abus sécuritaires
Cinq ans après le changement de régime à Kaboul, l'absence de communication sur les sanctions visant les forces de sécurité compromet la confiance des citoyens envers l'État afghan.

L'Organisation des nations unies a appelé, lundi 10 août, les autorités de fait en Afghanistan à faire preuve de davantage de clarté concernant les procédures disciplinaires visant les forces de l'ordre. Selon un rapport publié par l'organisation, la population afghane reste dans l'incapacité de savoir si les membres des services de sécurité auteurs d'abus de pouvoir font l'objet de réelles sanctions judiciaires ou administratives.
Cette demande intervient alors que les talibans célèbrent leur cinquième année au pouvoir. Le constat dressé par l'ONU souligne que le secret entourant les mesures de rétorsion interne concerne l'ensemble de l'appareil sécuritaire, incluant les soldats, les policiers ainsi que les agents chargés de la promotion de la vertu et de la prévention du vice.
Une opacité persistante des procédures
L'institution internationale souligne que cette culture de la confidentialité entrave la reddition de comptes. Bien que des abus soient régulièrement signalés sur le terrain, les mécanismes de justice interne restent inaccessibles au public et aux observateurs extérieurs. Cette situation empêche d'évaluer si les responsables de violations des droits humains sont effectivement écartés ou punis par leur hiérarchie.
Cette demande intervient alors que les talibans célèbrent leur cinquième année au pouvoir.
Selon les observations de l'ONU, ce manque de visibilité sur l'exercice de la justice ne se limite pas à une simple lacune administrative. Il s'agit d'un obstacle majeur à la protection des civils, qui craignent de signaler des exactions en l'absence de garanties sur les suites données à leurs plaintes.
L'érosion de la confiance publique
L'organisation internationale avertit que ce mutisme institutionnel finit par corroder la relation entre les citoyens et l'État. En l'absence de communication officielle sur les condamnations ou les renvois de fonctionnaires indélicats, le sentiment d'impunité tend à se généraliser au sein de la société afghane.
Pour les Nations unies, l'ouverture de ces données est une étape nécessaire pour stabiliser le pays et instaurer un semblant de légitimité institutionnelle. L'appel exhorte donc le gouvernement de Kaboul à publier des informations régulières sur les enquêtes menées contre ses propres agents afin de démontrer une volonté de lutter contre les dérives autoritaires au sein de ses rangs.
D’après UN News.


