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L’entité serbe de Bosnie élit son président après la destitution de Milorad Dodik

Une affiche électorale de l’élection anticipée en Republika Srpska (RS), l'entité serbe de Bosnie, pour le candidat Sinisa Karan, successeur du président destitué Milorad Dodik, à Banja Luka, le 11 novembre 2025. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE » Les…

Une affiche électorale de l’élection anticipée en Republika Srpska (RS), l'entité serbe de Bosnie, pour le candidat Sinisa Karan, successeur du président destitué Milorad Dodik, à Banja Luka, le 11 novembre 2025. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE » Les habitants de l’entité serbe de Bosnie ont commencé à voter, dimanche 23 novembre, pour élire un successeur à Milorad Dodik, qui a dirigé la Republika Srpska (RS) pendant deux décennies à la suite d’une grave crise politique. Le nouveau président de la RS, entité qui couvre la moitié du territoire de la Bosnie, ne devrait rester au pouvoir qu’un an, puisque ce scrutin anticipé ne remet pas en question la tenue des élections générales, qui doivent se tenir en octobre 2026. Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures (heure de Paris) et fermeront à 19 heures.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Bosnie-Herzégovine, une épreuve de force s’annonce après la révocation du mandat de Milorad Dodik, le président de l’entité serbe Lire plus tard Six candidats sont en lice. Mais le choix des électeurs (quelque 1,2 million) devrait se porter entre le favori, Sinisa Karan, 63 ans, ex-ministre de l’intérieur et homme de confiance de Milorad Dodik, et un quasi-inconnu, Branko Blanusa, professeur d’électrotechnique de 56 ans, dont la candidature est soutenue par plusieurs formations d’opposition.

La RS est, avec la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (anciennement Fédération croato-musulmane), l’une de deux entités autonomes qui forment la Bosnie-Herzégovine. Le président y désigne le premier ministre, promulgue les lois, mais, sans une majorité au Parlement, ses pouvoirs sont limités.

Ce vote est censé mettre fin à une période de turbulences en Bosnie, qui a vu le duel entre Milorad Dodik, proche du Kremlin, et le haut représentant international, Christian Schmidt – chargé du respect de l’accord de paix de 1995 –, pousser le pays dans la plus grave crise politique depuis la fin de la guerre. Le haut représentant dispose de larges pouvoirs : il peut imposer ou modifier des lois, limoger des élus… Des prérogatives dénoncées sans cesse par Milorad Dodik, qui a multiplié les menaces sécessionnistes et les insultes envers Christian Schmidt, un ancien ministre allemand arrivé en 2021.

Une affiche électorale de l’élection anticipée en Republika Srpska (RS), l'entité serbe de Bosnie, pour le candidat Sinisa Karan, successeur du président destitué Milorad Dodik, à Banja Luka, le 11 novembre 2025.
Élise Ferrand · Presse Unie

En conséquence, , à un an de prison – une peine transformée en jours-amende – et à une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant six ans, pour non-respect des décisions de l’émissaire international. Après avoir défié le verdict, il a fini par accepter l’élection d’un successeur – juste avant que Washington lève les sanctions qui le visaient depuis près de dix ans à cause de sa politique séparatiste.

Durant la campagne, Milorad Dodik a affirmé qu’un vote pour Sinisa Karan était en fait un vote pour lui-même et sa politique, répétant que la Bosnie était « un pays impossible » et la RS, « un Etat » qui doit « attendre » sa reconnaissance internationale.

De son côté, Branko Blanusa a expliqué que la RS était surtout « menacée » par les politiques de son adversaire : « Il a humilié les institutions de la RS pour ses propres intérêts et sa richesse, et c’est pour cela qu’il est désormais sur la liste noire du peuple. »

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D’après Le Monde.

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