Face à la flambée des prix du pétrole, le Canada rêve de se transformer en « superpuissance énergétique »
La fermeture du détroit d'Ormuz, une voie cruciale par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial, crée un déficit de 20 millions de barils par jour. Dans ce contexte, le Canada, quatrième puissance pétrolière mondiale, est considéré comme une…
La fermeture du détroit d'Ormuz, une voie cruciale par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial, crée un déficit de 20 millions de barils par jour. Dans ce contexte, le Canada, quatrième puissance pétrolière mondiale, est considéré comme une option pour compenser ce manque. Cependant, il existe un écart significatif entre l'image d'« énergie superpuissance » projetée par Ottawa et la réalité des infrastructures disponibles.
Pour l'Europe ou l'Asie, le pétrole canadien présente plusieurs avantages. Il est indépendant des routes maritimes du Moyen-Orient et provient d'un pays démocratique. Toutefois, l'enclavement du Canada constitue un obstacle majeur. La majorité des infrastructures sont orientées vers le marché américain. En l'absence d'accès direct suffisant aux terminaux maritimes, le pétrole canadien reste principalement destiné aux États-Unis.
La fermeture du détroit d'Ormuz, une voie cruciale par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial, crée un déficit de 20 millions de barils par jour.
Outre les tracés des pipelines, les infrastructures actuelles font face à des limitations de capacité. La possibilité d'augmenter la production canadienne pour compenser les perturbations au Moyen-Orient est limitée, selon Tristan Goodman, PDG de l'Explorers and Producers Association of Canada. Il estime que le Canada pourrait probablement accroître sa production de pétrole d'environ 5 % en 2026, soit une augmentation d'environ 300 000 à 400 000 barils par jour. Cela pourrait apporter un soutien à l'offre, mais ne compenserait pas la quantité retirée de l'approvisionnement mondial actuellement.
D’après Le Monde.
