En Irak, le bloc majoritaire soutient Nouri Al-Maliki au poste de premier ministre, malgré les menaces de Donald Trump
Un Irakien brandit un portrait de l’ancien premier ministre Nouri Al-Maliki lors d’une manifestation contre le président Donald Trump sur un pont menant à la zone verte fortifiée où se trouve l’ambassade américaine, à Bagdad, le 29 janvier 2026. HADI…
Un Irakien brandit un portrait de l’ancien premier ministre Nouri Al-Maliki lors d’une manifestation contre le président Donald Trump sur un pont menant à la zone verte fortifiée où se trouve l’ambassade américaine, à Bagdad, le 29 janvier 2026. HADI MIZBAN/AP La principale alliance chiite en Irak, qui détient la majorité au Parlement, a réaffirmé, samedi 31 janvier, qu’elle soutiendrait Nouri Al-Maliki au poste de premier ministre, en dépit des menaces du président Donald Trump de mettre fin à tout soutien américain au pays.
Figure de la vie politique irakienne, M. Maliki, 75 ans, a déjà effectué deux mandats de premier ministre (2006-2014) mais avait quitté le pouvoir sous la pression de Washington, qui le perçoit comme proche de l’Iran.
« La dernière fois que Maliki était au pouvoir, le pays a sombré dans la pauvreté et le chaos total. Cela ne doit pas se reproduire » , a écrit, mardi, le président américain sur son réseau Truth Social, en ajoutant qu’ « en raison de ses politiques et idéologies insensées, s’il est élu, les Etats-Unis d’Amérique ne viendront plus en aide à l’Irak » .
M. Maliki a vivement critiqué, mercredi, ces déclarations, considérant qu’il s’agissait d’une « violation » du « système démocratique » instauré en Irak depuis l’invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein. Depuis cette date, conformément à l’usage dans le pays, le poste de premier ministre revient à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite, tandis que la présidence de la République, largement honorifique, est attribuée à un Kurde.
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Maliki, 75 ans, a déjà effectué deux mandats de premier ministre (2006-2014) mais avait quitté le pouvoir sous la pression de Washington, qui le perçoit comme proche de l’Iran.
Après les législatives de novembre 2025, le Cadre de coordination – une alliance de factions chiites aux liens plus ou moins étroits avec l’Iran –, dont fait partie M. Maliki, a constitué le bloc majoritaire. L’alliance a ensuite engagé d’âpres discussions pour désigner le prochain chef du gouvernement, parallèlement à des négociations avec des partis sunnites et kurdes sur la répartition des autres postes.
Samedi, le Cadre de coordination a réaffirmé, dans un communiqué, « son soutien à son candidat, Nouri Kamel Al-Maliki, pour le poste de premier ministre » . « Le choix du premier ministre relève exclusivement de la Constitution irakienne (…) et doit être libre de toute ingérence étrangère » , a-t-il soutenu, se disant attaché à « des relations équilibrées avec la communauté internationale, en particulier avec les grandes puissances mondiales, fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures » .
Cette déclaration intervient à la veille d’une séance du Parlement prévue pour élire le président du pays. Une fois élu, ce dernier disposera de quinze jours pour nommer un premier ministre – généralement désigné donc par le plus grand bloc chiite – qui succédera à l’actuel chef du gouvernement, Mohamed Chia Al-Soudani. Or, en raison de divergences politiques, il n’est pas certain que le quorum requis soit atteint.
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Un terrain de confrontation par procuration
Quel qu’il soit, le nouveau premier ministre prendra ses fonctions en des temps troublés au Moyen-Orient, où l’influence de l’Iran faiblit et les tensions avec les Etats-Unis s’accroissent. L’Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre Washington et Téhéran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ces deux ennemis.
« définitive ». Selon l’une de ces sources, les dirigeants chiites sont divisés, certains souhaitant que M. Maliki se retire, afin d’éviter d’éventuelles sanctions américaines en cas de retour au pouvoir. Après des décennies de conflits et de chaos, l’Irak a récemment regagné en stabilité. Mais son économie, déjà fragile, pâtirait de mesures punitives des Etats-Unis, qui ont déjà sanctionné plusieurs entités accusées d’aider Téhéran à se soustraire à ses propres sanctions. Le Monde avec AFP L’espace des contributions est réservé aux abonnés. Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion. S’abonner
D’après Le Monde.
