En attendant l’accord Mercosur, l’État bloque les importations depuis l’Amérique du Sud : faut-il craindre une pénurie de fruits et légumes ?
Le dimanche 4 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu et la ministre de l'Agriculture Annie Genevard ont annoncé la suspension des importations de fruits et légumes sud-américains contenant des résidus de pesticides interdits en Europe . Cette…
Le dimanche 4 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu et la ministre de l'Agriculture Annie Genevard ont annoncé la suspension des importations de fruits et légumes sud-américains contenant des résidus de pesticides interdits en Europe . Cette décision intervient peu avant la signature de l'accord UE-Mercosur prévue au Paraguay.
La décision italienne de soutenir l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) modifie les dynamiques politiques. Initialement opposée, l'Italie a choisi de voter en faveur de l'accord, privant ainsi la France et ses alliés d'une minorité de blocage au Conseil de l'Union européenne.
La suspension des importations vise quatre substances : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime. Ces produits, bannis en Europe, restent utilisés dans les pays du Mercosur . Les contrôles seront renforcés aux frontières pour assurer la conformité des cargaisons.
Les produits concernés incluent avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins, pommes, melons, cerises, fraises et pommes de terre. Le gouvernement français a activé une clause de sauvegarde sanitaire, similaire à celles utilisées par le passé pour interdire certaines substances dangereuses.
Cette décision intervient peu avant la signature de l'accord UE-Mercosur prévue au Paraguay.
Les importations de l'Union européenne en provenance des pays du Mercosur ont atteint 56 milliards d'euros en 2024, incluant une part significative de produits agricoles. Le Brésil est un important exportateur de café, soja, sucre, et fruits tropicaux, tandis que l'Argentine fournit agrumes et bœuf.
Les changements dans l'importation dépendront de l'adaptation des pratiques agricoles sud-américaines et des stratégies des importateurs européens. Les alternatives pourraient inclure des importations d'Espagne, Maroc, Israël, Afrique du Sud, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Égypte, ou Turquie.
Face à la pression des syndicats agricoles, le gouvernement doit obtenir l'approbation de la Commission européenne pour que la suspension soit maintenue et efficace. Les discussions porteront sur la révision des limites maximales de résidus chimiques dans les aliments.
En cas de non-validation européenne, la France pourrait saisir la Cour de justice de l'Union européenne, une démarche qui pourrait retarder l'application de l'accord pendant plusieurs mois à plusieurs années.
Suspension des importations de certains fruits et légumes d'Amérique du Sud. Renforcement des contrôles aux frontières pour les produits importés. Possibles tensions sur l'approvisionnement et les prix sur le marché français.
D’après Presse-citron.
