Des pinces robotiques fabriquées à partir de carapaces de langoustines : la biorobotique poussée à l’extrême
## Robotique Biorobotique et Nécrorobotique
Robotique Biorobotique et Nécrorobotique
Le domaine de la robotique s'est largement inspiré de la nature depuis les années 2000, donnant naissance à de nombreux robots bio-inspirés. Si certains ont bénéficié d'une couverture médiatique notable, d'autres restent confinés à des recherches universitaires. Reproduire la nature avec des matériaux comme le plastique et le métal demeure un défi, en raison de la complexité mécanique des attributs biologiques.
La nécrorobotique, une branche émergente, exploite les restes d'organismes, principalement des invertébrés, comme composants robotiques. Des chercheurs suisses de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont innové en recyclant des carapaces de langoustines issues de déchets alimentaires pour créer des robots hybrides. L'étude détaillant ce projet a été publiée dans la revue Advanced Science le 26 novembre.
Utilisation des Langoustines en Robotique
Les chercheurs de l'EPFL se sont intéressés au potentiel de l'exosquelette de la langoustine ( Nephrops norvegicus ). Contrairement aux tissus mous, la carapace, composée de chitine et de carbonate de calcium, conserve ses qualités mécaniques après la mort. Elle présente une rigidité durable ainsi que des zones articulées souples.
Les chercheurs ont récupéré les abdomens des langoustines, légers (environ 3 grammes) et capables de supporter jusqu'à 226 fois leur poids. En intégrant des éléments synthétiques tels que des moteurs et des câbles, ils ont transformé ces carapaces en structures robotiques.
Le domaine de la robotique s'est largement inspiré de la nature depuis les années 2000, donnant naissance à de nombreux robots bio-inspirés.
Trois prototypes de robots ont été développés :
Une pince robotique capable de manipuler des objets délicats. Des doigts robotiques, fabriqués à partir de segments de carapaces, pouvant se replier jusqu'à huit fois par seconde. Un robot nageur utilisant des appendices oscillants pour se déplacer à une vitesse de 11 cm/s.
Pour prolonger la durabilité des structures, un revêtement de silicone a été appliqué, prévenant la perte d'humidité et permettant une utilisation continue pendant près de 38 heures. Les composants synthétiques peuvent être récupérés et réutilisés, et les restes sont entièrement biodégradables.
Bien que l'application généralisée de ces concepts semble improbable à court terme, cette recherche représente un pas vers une robotique plus durable. Elle illustre la possibilité de concevoir des robots en s'appuyant sur des matériaux alternatifs et en adoptant une approche d'économie circulaire. Cette démarche pourrait inciter l'industrie à concevoir de manière plus sobre, efficace et intelligente.
D’après Journal du Geek.
