Des microbes endormis depuis 40 000 ans refont surface : doit-on s’inquiéter ?
Des chercheurs de l' American Geophysical Union (AGU) ont récemment réactivé des microbes dormants depuis environ 40 000 ans dans le pergélisol d'Alaska. Ces organismes, extraits de quatre sites d'un tunnel de recherche militaire créé dans les années…
Des chercheurs de l' American Geophysical Union (AGU) ont récemment réactivé des microbes dormants depuis environ 40 000 ans dans le pergélisol d'Alaska. Ces organismes, extraits de quatre sites d'un tunnel de recherche militaire créé dans les années 1960 par le U.S. Army Corps of Engineers, offrent une occasion unique d'étudier les sols gelés les plus anciens d'Amérique du Nord.
Réveil des Microbes et Implications Climatiques
L'intérêt pour ces microbes réside dans leur capacité à dégrader la matière organique en dioxyde de carbone, potentiellement accélérant le réchauffement climatique. Publiée le 11 septembre dans le Journal of Geophysical Research: Biogeosciences , l'étude vise à intégrer ce facteur biologique dans les modèles climatiques arctiques.
Microbes et Transformation du Pergélisol
Le pergélisol, couvrant environ un quart de l'hémisphère nord, renferme d'importantes quantités de carbone organique. Sa fonte, due au réchauffement climatique, libère des gaz à effet de serre et réactive des micro-organismes qui contribuent à ce processus. Ces microbes, lorsqu'ils émergent de leur hibernation, participent à la transformation du carbone en CO₂ et méthane.
Tristan Caro et Sebastian Kopf, géomicrobiologistes, ont étudié ces microbes au Permafrost Tunnel Research Facility près de Fairbanks. En laboratoire, des conditions simulant un hiver alaskien ont été recréées pour observer leur réactivation.
Des chercheurs de l' American Geophysical Union (AGU) ont récemment réactivé des microbes dormants depuis environ 40 000 ans dans le pergélisol d'Alaska.
La réactivation des microbes est lente, mais l'allongement des étés arctiques pourrait accélérer ce processus. Cela pourrait intensifier l'activité microbienne et prolonger les émissions de gaz à effet de serre, même après la saison estivale.
Ce phénomène illustre une boucle de rétroaction positive: plus le climat se réchauffe, plus le pergélisol fond, libérant davantage de carbone et amplifiant le réchauffement global.
Bien que ces microbes ne soient pas des agents pathogènes connus, leur réveil entraîne la reprise de processus métaboliques, tels que la respiration aérobie et la méthanogenèse, qui pourraient à long terme accentuer le réchauffement climatique.
Réactivation de microbes dans le pergélisol alaskien pour l'étude du dégel. Transformation de la matière organique en gaz à effet de serre, contribuant au réchauffement. Potentiel prolongement du réchauffement climatique dû à la réactivation microbienne.
D’après Presse-citron.
