Critique Superman : James Gunn habille son héros des couleurs de l’espoir
Le nouvel opus de Jurassic World dévore actuellement les billets verts, Pourtant, le moment n’a jamais semblé aussi opportun. Avec un MCU © Warner Bros Le film sur les superhéros ultime ? Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le projet a…
Le nouvel opus de Jurassic World dévore actuellement les billets verts, Pourtant, le moment n’a jamais semblé aussi opportun. Avec un MCU © Warner Bros Le film sur les superhéros ultime ? Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le projet a rapidement abandonné le “Legacy” de son titre. Bien qu’il flirte avec le film de Richard Donner qui restera le Magnum Opus de l’encapé – du moins pour une génération -, ce Superman n’a de comparable qu’une vision idéaliste de son personnage. © Warner Bros Pour le reste, James Gunn montre combien il demeure un grand amoureux des comics en signant non pas un film de superhéros, mais un film sur les superhéros. Ici, nous ne sommes pas invités à accueillir ces êtres fantastiques dans notre monde, avec cette touche de cynisme et d’humour, non, ce sont eux qui nous accueillent dans leur monde. Dès l’introduction, le scénariste et réalisateur nous entraîne dans une aventure de Superman, comme nous ouvririons un comics. En deux trois phrases, le cinéaste nous rappelle ce que tout le monde connaît par cœur autour d’un bébé alien atterrissant à Smallville et pris en charge par les Kent avant d’entrer directement dans le cœur du récit, du personnage et du monde DC. Gunn ne nous prend pas par la main pour nous planter le contexte petit à petit et on comprend l’origine de ses déclarations autour d’un univers partagé différent de ce dont nous avons l’habitude sur grand écran. D’entrée de jeu, il installe les bases : cet univers est déjà formé, les métahumains coexistent avec la population et le futur DCU nous proposera simplement d’en suivre ses représentants. © Warner Bros C’est tout le paradoxe de ce Un S qui symbolise l’espoir Si Snyder avait pris le parti de jouer avec la figure divine de son Superman, Gunn réalise un film sur l’héroïsme dans sa forme la plus pure. Kal-El n’est pas un dieu, c’est un homme mettant ses capacités au service de l’humanité. Ses pouvoirs mis à part, il a toutes les forces et les faiblesses de ceux qu’il entend protéger, et ce qui le rend vraiment exceptionnel, c’est sa vision naïve du monde. Le long-métrage ne se cache pas d’être politique, épousant la nature migratoire de son héros tout en pointant ostensiblement du doigt un certain conflit, ici bien évidemment réimaginé, mais-pas-trop-quand-même. Une représentation peut-être facile et peu subtile, néanmoins qui épouse le regard de son personnage. © Warner Bros C’est parce qu’il fait des erreurs, très humaines, qu’on s’attache à lui. C’est parce qu’il pense d’abord aux autres qu’il fait du bien. On n’est pas devant quelqu’un de torturé qui va parvenir à trouver le bon en lui pour devenir une meilleure personne, il est déjà cette meilleure personne. Qu’est-ce qui rend Superman extraordinaire ? Ses pouvoirs ? Non, son incroyable gentillesse. Gunn va questionner son héros sur les notions de pouvoir et de devoir, de justice et de moral, et il n’y a rien de plus doux que de le voir essayer de sauver tout le monde. Ce n’est pas un film de super, c’est un film de héros, coloré, optimiste, qui n’a pas peur d’assumer sa trop grande gentillesse. David Corenswet incarne un Clark Kent lumineux, même dans ses moments les plus dramatiques, qui nous pousse irrémédiablement à vouloir croire en lui. Et cela fait du bien. Un film de son auteur qui n’a pas peur d’être clivant Tout y est réfléchi et à sa juste place, y compris dans un casting sans aucune fausse note qu’on a très envie de retrouver rapidement. Rachel Brosnahan est une Lois Lane proactive et opiniâtre comme on l’aime, Nicholas Hoult un Lex Luthor superbement machiavélique, Nathan Fillion un Guy Gardner tête à claques… chacun participe, à sa manière, à l’amour qu’on porte à ce Superman. James Gunn nous livre une proposition jusqu’au-boutiste qui va assurément diviser le public. Ce n’est pas le film qui convaincra les sceptiques, mais il est exactement ce que l’on pouvait imaginer entre les mains d’un cinéaste assumant chacun de ses choix, scénaristique ou graphique. Même l’humour est particulièrement bien dosé et bien placé. C’est une œuvre sincère, fidèle à son héros et à l’esprit des comics, y compris dans une mise en scène et des effets spéciaux qui peuvent dérouter. © Warner Bros Car oui, il est facile de pester contre des scènes d’action manquant parfois d’inventivité, un Krypto un poil surexposé (on s’en doutait), et un scénario globalement léger. Et ce, dans un secteur concurrentiel. Tout ce qui l’empêchera peut-être d’être un film qui marquera son temps, comme ce fût le cas de son aîné de 1978. Mais ce n’est vraiment pas ce qui importe ici, tant on sent que l’intérêt de Gunn était ailleurs, dans celui de nous donner des étoiles dans les yeux à la vision d’un S sur une poitrine apparaissant à l’écran. Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville, et surtout si vous n’aimez pas l’Homme d’acier, Gunn vous invite à aller vous faire… Au sein d’un genre à bout de souffle qui s’effondre film après film, le patron du DCU nous rappelle qu’il peut être bon de regarder à nouveau vers le haut. S'abonner à Journal du Geek 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, abonnez-vous sur Google Actualités et sur notre WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.
D’après Journal du Geek.
Le nouvel opus de Jurassic World dévore actuellement les billets verts, Pourtant, le moment n’a jamais semblé aussi opportun.
