Canal de Panama : le Panama reprend le contrôle de deux ports stratégiques au groupe hongkongais CK Hutchison
Le lundi 23 février, les autorités panaméennes ont pris le contrôle de deux ports du canal de Panama suite à l'annulation d'une concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison. Cette concession, initialement renouvelée pour vingt-cinq ans en 2021,…
Le lundi 23 février, les autorités panaméennes ont pris le contrôle de deux ports du canal de Panama suite à l'annulation d'une concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison. Cette concession, initialement renouvelée pour vingt-cinq ans en 2021, est contestée par CK Hutchison, qui envisage « tous les recours disponibles » .
Fin janvier, la Cour suprême du Panama a déclaré « inconstitutionnel » le contrat permettant à Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, de gérer les ports de Cristobal et Balboa. La cour a jugé que le contrat favorisait de manière « disproportionnée » CK Hutchison « au détriment de l'État » .
Selon le président José Raul Mulino, le contrat a transformé les ports en « territoire autonome » , manquant de transparence. La Cour des comptes panaméenne a signalé que 1,2 milliard de dollars n’ont pas été perçus par l'État du fait de cette concession.
Le groupe hongkongais considère la reprise de contrôle des terminaux comme illégale et s'inquiète des risques pour les opérations et la sécurité des ports. CK Hutchison étudie « tous les recours disponibles » , y compris des « poursuites judiciaires » contre le Panama.
Le lundi 23 février, les autorités panaméennes ont pris le contrôle de deux ports du canal de Panama suite à l'annulation d'une concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison.
La semaine dernière, CK Hutchison avait proposé des négociations pour éviter le chaos. Toutefois, le lundi, l’Autorité maritime du Panama a annoncé la prise de possession des ports avec une continuité d'exploitation assurée, selon Max Florez, directeur des ports. Cette mesure a été formalisée par décret peu après la décision de la Cour suprême.
Le « décret d’occupation » prévoit une période de transition de dix-huit mois, durant laquelle les ports seront gérés par APM Terminals et Terminal Investment Limited, pour respectivement 26 et 16 millions de dollars. La ministre du travail Jackeline Muñoz a assuré qu'il n'y aurait « pas de licenciements » parmi les 1 200 employés des terminaux.
Cette reprise intervient dans un contexte où les États-Unis cherchent à limiter l'influence chinoise sur cette voie stratégique de 80 kilomètres, par laquelle transite environ 5 % du commerce maritime mondial. Washington a exprimé sa satisfaction quant à la prise de contrôle par le Panama.
La Chine, de son côté, a promis de « protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises » , et CK Hutchison, se déclarant victime de « graves préjudices » , a annoncé son intention de contester la décision panaméenne devant la Chambre de commerce internationale à Paris.
D’après Le Monde.
