Arno Klarsfeld visé par une procédure disciplinaire du Conseil d’Etat pour ses propos sur les « grandes rafles » d’étrangers
Le juriste Arno Klarsfeld, lors d’une conférence sur l’antisémitisme, à Jérusalem, le 27 mars 2025. MENAHEM KAHANA/AFP
Le juriste Arno Klarsfeld, lors d’une conférence sur l’antisémitisme, à Jérusalem, le 27 mars 2025. MENAHEM KAHANA/AFP
Le Conseil d'Etat a engagé, mardi 27 janvier, une procédure disciplinaire contre son conseiller Arno Klarsfeld, après son appel à lancer des « rafles » en France pour arrêter des étrangers en situation irrégulière. Ceci a été confirmé par une source proche du dossier.
Didier-Roland Tabuteau, vice-président de la haute juridiction administrative, a saisi la commission supérieure pour « manquement à la déontologie » . Cette procédure est qualifiée de « rare » par la même source.
La commission est composée du bureau du Conseil d'Etat, à l'exception du président du contentieux et du vice-président, ainsi que de conseillers d'Etat élus et trois personnalités qualifiées choisies par le Sénat, l'Assemblée nationale et le président de la République.
Le juriste Arno Klarsfeld, lors d’une conférence sur l’antisémitisme, à Jérusalem, le 27 mars 2025.
Arno Klarsfeld risque une sanction pouvant aller de l’avertissement à la radiation, y compris le blâme et la suspension temporaire du Conseil d'Etat, où il siège depuis 2010.
Les propos d'Arno Klarsfeld ont suscité l'indignation dans la classe politique. Olivier Faure, chef du Parti socialiste, a indiqué que la loi du 24 juillet 1881 permettrait de condamner ces propos pour provocation à la discrimination, à la haine et à la violence, ainsi que pour apologie du crime. Il a annoncé son intention de saisir la procureure de la République.
Face aux critiques, Arno Klarsfeld a tenté de se défendre en affirmant que ses propos ne visaient qu'à arrêter des étrangers ayant commis des crimes, contrairement aux arrestations historiques d'enfants juifs.
Cette situation a soulevé des questions sur la politique de gestion des étrangers en France, ainsi que sur le discours public et la responsabilité des figures publiques.
D’après Le Monde.
