Argentine : le Parlement restreint les pouvoirs de Javier Milei sur les décrets-lois
Le Parlement argentin a voté, mercredi 8 octobre, une restriction sur l'utilisation des décrets-lois, défiant ainsi le président Javier Milei. Ce vote réduit la capacité du président à utiliser cet outil législatif, souvent employé au cours de ses…
Le Parlement argentin a voté, mercredi 8 octobre, une restriction sur l'utilisation des décrets-lois, défiant ainsi le président Javier Milei. Ce vote réduit la capacité du président à utiliser cet outil législatif, souvent employé au cours de ses vingt-deux mois au pouvoir.
Ce développement intervient après plusieurs revers du président face à des propositions rejetées ou des vetos. Le Parlement, où il est minoritaire, se montre de plus en plus réticent à accepter ses initiatives, ce qui complique ses efforts de gouvernance.
Les élections législatives de mi-mandat prévues pour le 26 octobre revêtent un caractère crucial pour Javier Milei, qui cherche à élargir sa base parlementaire. Cette échéance électorale suscite des tensions sur les marchés financiers, entraînant des pressions sur le peso argentin.
Le vote à la Chambre des députés, suivant celui du Sénat en septembre, a approuvé un texte qui impose que les décrets de nécessité et d'urgence (DNU) puissent être annulés par le rejet d'une seule chambre du Parlement, au lieu de deux. Toutefois, le texte doit être renvoyé au Sénat pour un dernier vote. Le parti de M. Milei y est encore plus minoritaire qu'à la Chambre basse.
Le Parlement argentin a voté, mercredi 8 octobre, une restriction sur l'utilisation des décrets-lois, défiant ainsi le président Javier Milei.
Le président Milei, élu en 2023, a utilisé plus de 70 DNU pour contourner un Parlement réticent, mais cette stratégie rencontre de plus en plus d'opposition. En décembre 2023, il avait signé un DNU modifiant ou abrogeant plus de 300 règles économiques, surnommé le « méga-décret » .
Lors du débat parlementaire, des critiques ont été émises concernant l'usage des DNU par l'exécutif. La députée Monica Litza et d'autres ont appelé à une limitation de cet outil législatif pour éviter un état d'exception permanent.
Le politologue Leandro Dominguez note que les DNU devraient répondre à des situations d'urgence nécessitant des réponses immédiates. Cependant, certains opposants contestent leur application dans le cas des politiques de M. Milei.
La pandémie de Covid-19 a illustré l'utilisation nécessaire des DNU pour les urgences sanitaires, mais le caractère d'urgence de certaines mesures récentes de M. Milei a été remis en question par l'opposition et par la justice.
D’après Le Monde.
