Après l’attaque de deux membres de la garde nationale à Washington, l’administration Trump gèle l’asile et durcit encore sa politique migratoire
La Maison Blanche, à Washington, DC, le 27 novembre 2025. MANDEL NGAN/AFP L’administration Trump a annoncé, vendredi 28 novembre, le gel de toute décision sur l’octroi de l’asile aux Etats-Unis, ainsi que d’autres mesures visant à durcir sa politique…
La Maison Blanche, à Washington, DC, le 27 novembre 2025. MANDEL NGAN/AFP L’administration Trump a annoncé, vendredi 28 novembre, le gel de toute décision sur l’octroi de l’asile aux Etats-Unis, ainsi que d’autres mesures visant à durcir sa politique migratoire, conséquence directe de l’attaque survenue à Washington deux jours plus tôt lors de laquelle une militaire est morte et un autre a été grièvement blessé.
Le suspect, Rahmanullah Lakanwal, un ressortissant afghan de 29 ans arrivé dans le pays en 2021, va être inculpé d’assassinat et la justice fédérale compte requérir la peine de mort contre lui. Son acte a été et par nombre de ses responsables pour durcir, plus encore qu’ils ne le font depuis janvier, divers aspects de la politique migratoire américaine.
Les services de l’immigration ont suspendu « toutes les décisions » portant sur l’octroi de l’asile aux Etats-Unis « jusqu’à ce que chaque étranger soit passé au crible le plus strictement possible » , a annoncé son directeur, Joseph Edlow, sur X.
Ce gel survient moins d’un mois après l’annonce de l’administration américaine de sa volonté de réduire à 7 500 par an le nombre de statuts de réfugiés accordés par les Etats-Unis, contre 100 000 lors de la présidence de Joe Biden.
Le suspect, Rahmanullah Lakanwal, un ressortissant afghan de 29 ans arrivé dans le pays en 2021, va être inculpé d’assassinat et la justice fédérale compte requérir la peine de mort contre lui.
Vendredi, le département d’Etat a également annoncé la suspension de la délivrance de visa pour toute personne qui ferait sa demande avec un passeport afghan. « Les Etats-Unis n’ont pas de plus grande priorité que la protection de [leur] nation et de [leur] peuple » , a écrit, sur X, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, pour justifier sa décision.
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Liste de 19 pays « jugés préoccupants »
Le mobile du suspect reste inconnu. Rahmanullah Lakanwal est arrivé aux Etats-Unis en 2021 après avoir servi aux côtés de l’armée américaine en Afghanistan, selon la CIA. Il vivait avec sa famille dans l’Etat de Washington (nord-ouest), avant de se rendre dans la capitale fédérale. Là, il a mené, mercredi, une attaque « ciblée » contre des militaires de la garde nationale, ouvrant le feu sur deux d’entre eux, âgés d’une vingtaine d’années, avec un revolver « comme dans une embuscade » , selon les autorités, avant d’être arrêté.
L’une des deux victimes, Sarah Beckstrom, 20 ans, est morte, tandis que l’autre, Andrew Wolfe, 24 ans, se trouvait toujours vendredi dans un état critique.
« jugés préoccupants », dont l’Afghanistan, Haïti, l’Iran ou le Venezuela. Sollicités, vendredi, par l’Agence France-Presse pour savoir quels « pays du tiers-monde » étaient concernés par la dernière annonce de M. Trump, les services d’immigration ont renvoyé à cette même liste de 19 pays. Plus de 116 000 Afghans détenteurs de la « carte verte » Selon des données officielles, plus de 1,6 million d’étrangers détenteurs de la « carte verte » (soit 12 % des résidents permanents) sont originaires de l’un de ces pays, dont 116 000 d’Afghanistan. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Plus de 10 000 Afghans vivant aux Etats-Unis pourraient être expulsés après la révocation de leur statut de protection Lire plus tard Rahmanullah Lakanwal était arrivé aux Etats-Unis un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan sous la présidence du démocrate Joe Biden, en août 2021, dans le cadre d’une vaste opération d’évacuation des Afghans ayant collaboré avec les Américains contre les talibans. Des médias américains affirmaient, vendredi, qu’il avait rejoint les « unités zéro » des services afghans, chargées de missions commandos contre les talibans, Al-Qaida ou le groupe Etat islamique. « Ses antécédents ont été vérifiés à de multiples reprises », a souligné, vendredi sur CNN, Shawn VanDiver, un ancien militaire américain qui dirige l’ONG AfghanEvac. Le suspect a demandé l’asile sous l’administration Biden, mais sa demande a été approuvée sous l’administration Trump, rappelle AfghanEvac. Selon le département d’Etat, plus de 190 000 Afghans sont arrivés aux Etats-Unis depuis la prise de pouvoir des talibans. Le Monde avec AFP L’espace des contributions est réservé aux abonnés. Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion. S’abonner Réutiliser ce contenu
D’après Le Monde.
