11 milliards d’euros de pertes : le divorce avec Nissan plombe les résultats de Renault (mais ce n’est pas si grave)
Ce jeudi 19 février, le groupe Renault a publié ses résultats annuels, affichant une perte nette de 10,9 milliards d'euros . Cette perte est la première en cinq ans et constitue un record pour le constructeur.
Ce jeudi 19 février, le groupe Renault a publié ses résultats annuels, affichant une perte nette de 10,9 milliards d'euros . Cette perte est la première en cinq ans et constitue un record pour le constructeur.
L'essentiel de cette perte, soit 9,3 milliards d'euros, est de nature comptable. En juillet 2025, Renault a ajusté la valeur de sa participation de 35,7 % dans Nissan à sa valeur boursière actuelle, plutôt que de continuer avec la méthode précédente (la mise en équivalence). La baisse du cours de l'action Nissan a entraîné cette dépréciation importante.
En supplément, il y a une contribution négative de 2,3 milliards d'euros liée aux pertes opérationnelles de Nissan, qui est en cours de restructuration avec la suppression de 20 000 postes et la fermeture de sept usines.
Cette dépréciation est une opération comptable qui n'a pas d'impact sur la trésorerie de Renault et n'affecte pas le dividende versé aux actionnaires.
Ce changement marque la fin progressive de l'alliance Renault-Nissan , formée en 1999. Ce changement de méthode comptable protège Renault des futures fluctuations du cours de Nissan.
Renault a perçu huit milliards d'euros de dividendes de Nissan depuis le début de l'alliance, ce qui montre un bilan global positif malgré la nécessité de tourner la page.
Ce jeudi 19 février, le groupe Renault a publié ses résultats annuels, affichant une perte nette de 10,9 milliards d'euros .
L'activité résiste grâce à l'électrique
En dehors de l'impact Nissan, les résultats de Renault sont positifs. Le chiffre d'affaires a augmenté de 3 % à 57,9 milliards d'euros, soutenu par le succès de la gamme électrique et un effet mix-produit positif de 3,2 points, compensant une légère pression sur les prix.
Renault a généré un bénéfice net de 715 millions d'euros hors Nissan , bien que cela représente une baisse de 74 % par rapport à 2024. La marge opérationnelle a diminué à 6,3 % en raison de la croissance des véhicules électriques, qui sont moins rentables que les thermiques et hybrides.
Le free cash-flow automobile a atteint 1,5 milliard d'euros, et la position financière nette automobile est à un niveau record de 7,4 milliards d'euros. L'agence S&P a amélioré la note de crédit de Renault à BBB- en décembre dernier.
Pour 2026, Renault prévoit une marge opérationnelle d'environ 5,5 % dans un environnement qualifié de « complexe » . Les défis incluent la montée en puissance des véhicules électriques, l'expansion internationale, et la concurrence accrue des constructeurs chinois.
Renault vise une marge opérationnelle de 5 à 7 % à moyen terme, et un free cash-flow automobile annuel d'au moins 1,5 milliard d'euros, incluant environ 500 millions d'euros de dividendes de Mobilize Financial Services.
Renault est en négociation pour racheter la totalité de Flexis, sa coentreprise de camionnettes électriques. Le dividende est maintenu à 2,20 euros par action, soumis au vote de l'assemblée générale le 30 avril.
Renault a enregistré une perte nette record de 10,9 milliards d'euros en 2025, principalement due à la dépréciation de sa participation dans Nissan. L'activité du constructeur reste solide, avec un chiffre d'affaires en hausse grâce aux voitures électriques. Pour 2026, Renault anticipe une baisse de la marge opérationnelle dans un environnement concurrentiel compliqué, tout en maintenant un dividende stable.
D’après Presse-citron.
